De retour…

Depuis bientôt deux mois, nous sommes de retour en terre helvétique, il est plus que temps d’essayer de tirer un bilan de notre fabuleux périple sur les terres d’Asie centrale. Cette tâche n’est pas facile mais nous aimerions quand même terminer ce voyage et ce blog que beaucoup de gens ont suivi. Merci à ceux qui ont enrichi notre blog par leurs commentaires. Un grand merci aussi à toutes les personnes qui ont pris le temps de nous suivre durant notre périple. Cela fait toujours chaud au coeur de recevoir des nouvelles de ta famille, de tes amis lorsque l’on se trouve au milieu de nulle part.

Un merci tout particulier à mon papa qui nous a toujours bien suivi sur les cartes et qui a pu parfois nous donner de précieux conseils. Il a tenu à jour un tableau retraçant notre périple en km et dénivelé parcouru qui peut être consulté dans la page: En chiffres!

Je remercie aussi la petite étoile qui nous a gardé et surveillé durant tous ces kilomètres!

Comme tout le monde à certainement pu le comprendre, nous avons vécu quelque chose de fabuleux durant ce voyage. Nous ne saurons jamais assez remercier toutes les personnes qui nous ont accueillis si chaleureusement durant ces quatres mois. Je n’oublierai jamais tous ces sourires, toutes ces mains tendues…

Je pense encore souvent a eux qui ont rendu ce voyage encore plus exceptionnel. Les conditions n’ont pas toujours été faciles et je dirais que parfois elles ont été vraiment pénibles. Je me demande comment nous avons fait pour si bien nous adapter.

Mais après deux mois de retour chez nous, je me demande qu’est ce qui est plus difficile. Est-ce de s’adapter à la simplicité, l’authenticité ou à la richesse et le luxe?

Bien sûr je ne crache pas sur ma douche et je n’ai pas creusé un trou au fond du jardin pour aller aux toillettes. Pourtant à chaque fois que nous rentrons d’un voyage, je ressens un tel décalage que j’ai du mal à me réadapter au conformisme ambient, à cette frénésie de consommation et ce “besoin” de vouloir posséder le dernier iPad ou iPhone. Le tout sur fond de crise qui démontre combien l’argent dirige tout!

Evidemment, j’ai aussi mes plaintes mais franchement ne serions nous pas plus heureux au fin fond du Pamir à contempler la beauté de la nature et s’occuper de notre famille et de nos yaks! En tout cas, je n’ai jamais vu de tristesse chez ces gens qui nous ont accueilli les bras grands ouverts sans jamais rien attendre en retour. Comme cela nous a fait du bien de voir le sourire indescriptible de ce petit garçon lorsque nous lui avons offert une petite voiture. Il s’agissait probablement de son deuxième jouet, après sa vieille roue de poussette!

Un voyage à nouveau qui nous a fait grandir, évoluer dans nos réflexions et notre manière de penser et de vivre. Je ne permettrai jamais de faire la morale à personne sur sa façon d’agir mais ce type de voyage nous permet, à nous, de remettre nos pendules à l’heure. Voyager est vraiment notre moyen d’apprendre à donner, recevoir et réfléchir sur nos propres valeurs.

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Noukous

Allez, on est motivés et on reprend le taxi pour rejoindre Noukous. Ce n’est pas que nous avons encore besoin de découvrir des bleds paumés mais cette ville cache un des plus important musées d’Asie Centrale. Ne se trouvant qu’à quelques kilomètres, nous décidons de ne pas rater l’incroyable collection Savitsky.
Durant la deuxième guerre mondiale, l’école des Beaux-Arts a été déplacée de Moscou à Samarcande. Un certain M. Savitsky faisait parti des étudiants du moment. La région lui a plu et il y est resté. Après avoir réuni, et par conséquent sauvé de la fonte, une fabuleuse collection des bijoux et parures traditionnelles des habitants de la région, il s’est consacré à l’art non conforme sous le régime soviétique.

En effet, à l’époque les artiste devaient se plier aux règles du parti et représenter uniquement des sujets à la gloire du système communiste: Ouvriers au travail, manifestations de jeunesses syndicalistes, etc… Tous les artistes sortant du cadre imposé risquaient jusqu’à un séjour au goulag. Savitsky était certainement trop éloigné de Moscou pour qu’on s’intéresse à lui et il a donc pu réunir une collection incroyable d’oeuvres de toute l’Union Soviétique dans des styles allant de l’impressionnisme au cubisme. De plus, il s’est efforcé de constituer une collection complète d’oeuvres significatives pour chaque artiste. Le résultat est incroyable et ce musée est sans conteste un des plus importants au monde pour la peinture du XXème siècle. Jetez-y un oeil, cela vaut le détour: http://www.savitskycollection.org/

Certains touristes motivés continuent et rejoignent Moynaq pour voir une ville désolée, perdue dans le désert, mais qui se trouvait il y a 50 ans au bord de la mer d’Aral. Cette mer a perdu 50% de sa superficie à cause du détournement des deux fleuves qui s’y jettent pour les cultures de coton. Cet asséchement est une des plus importantes catastrophes environnementale du XXe siècle. La culture du coton introduite durant l’époque soviétique n’a malheureusement pas cessé. Pour un pays essentiellement désertique avec des températures avoisinant 45 degrés en été, il est vraiment étonnant de voir autant de champs de coton. Sachant que cette culture est une des plus gourmande en eau, ce n’est pas avec en moyenne 60 jours de pluie par année que le pays arriverait à être le 4ème producteur mondiale de cette fibre: L’Ouzbékistan pompe donc allègrement dans le fleuve Amou Daria qui, avec le Syr Daria au Kazakhstan, est un des deux affluents de la mer d’Aral. Le fleuve  rétréci ainsi dangereusement, plus on s’approche de la mer d’Aral et s’en va même mourir de soif dans le désert quelques centaines de kilomètres avant son embouchure. Selon un chauffeur de taxi, c’est la faute des Tadjiks en amont avec tous leurs barrages:  bien sûr!

Et le travail forcé des enfants Ouzbèkes dans les champs, c’est la faute à qui?

Au président du pays. Ici, c’est lui qui décide de tout! Les Ouzbèkes n’ont pas grand chose à dire et nous non plus d’ailleurs. Notre site peut être censuré si nous mentionnons certaines critiques, celui d’Amnesty International notamment, est inaccessible. Nos photos peuvent également être détruites lors de contrôle policier si celles-ci présentent des photos compromettantes. C’est le premier pays dans lequel nous ressentons autant le poids d’une dictature. Les populations semblent rester pour le moment assez calmes grâce à la forte présence de l’armée et de la police…

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Khiva

Nous avons rejoint la petite ville de Khiva, plantée au milieu du desert, en taxi collectif:  plus vraiment le choix car le temps commence à nous manquer. Nous l’avons pas trop regretté: la route est en travaux et ils ont rien trouvé de mieux que de détruire l’ancienne avant de construire la nouvelle. C’est une véritable catastrophe, il faut 9 heures pour parcourir 500km. Comme d’habitude, le chauffeur avait du recevoir son permis dans un paquet surprise. Il n’a jamais été capable de s’arrêter où il voulait! Il semblait pas non plus réaliser que sur les nids de pouls, il vaut peut-être mieux ralentir.

De nombreux routiers font le chemin jusqu’à la frontière de l’Afghanistan pour apporter de l’aide humanitaire en provenance de l’Europe ou de la Russie. Je tire mon chapeau aux chauffeurs qui roulent dans de telles conditions. La route sera terminée en 2015, mais il y a encore du boulot.

Le palais et le centre de Khiva

Le palais et le centre de Khiva

Nous découvrons la jolie petite ville Khiva au soleil couchant. Il y a un peu moins de touristes par ici, c’est très calme. Nous avons un peu de peine à trouver de quoi boire un petit verre. Les restos ferment très tôt et tout le monde semble rentrer une fois le soleil couché. Nous visitons à nouveau de belles mosquées et medersas, dans le cadre merveilleux de l’enceinte fortifiée de la ville.

Nous sommes toujours bien surpris lorsque nous sortons du circuit touristique, c’est-à-dire de la vieille ville, de constater l’état de délabrement des infrastuctures soviétiques: Les immeubles ne ressemblent à plus rien, le parc d’attraction n’est plus utilisé et on a l’impression qu’il a subi un attentat.

C’est un côté de ces pays que nous observons depuis 4 mois. On se demande comment fait-on pour laisser les choses se délabrer autant. On réfléchit un peu et on comprend vite!

Dans ces pays, l’argent n’est bien sur pas distribué très équitablement. Il s’agit aussi du pays ou nous ressentons le plus la dictature. La police est omniprésente et ne se gêne pas d’arrêter tout le monde à tout moment. C’est la première fois que dans un pays je redoute autant de passer à côté d’un gendarme. Pour les ouzbèkse, c’est encore moins facile et nous avons déjà vu quelques billets passer à travers une poignée de main.

Heureusement, en un mois nous n’avons eu aucun souci de ce genre. Au contraire, lorsque la police nous arrêtait c’était plutôt sympa.

Par contre suite à un problème de visa, nous avons eu à faire à l’administration et ce n’était pas très drôle. Nous n’avons pas fait les malins surtout quand le flic ne voulait pas nous aider. Il  passait pas mal de temps au téléphone où le seul mot que l’on a compris était Backchich. Heureusement, avec beaucoup de patience, nous sommes arrivés à nos fins sans payer de supplément. Par contre, ce n’est pas le cas de tout le monde. Le policier possédait un iPhone qu’il ne pouvait pas avoir acheté dans son pays!

Nous ne pouvons pas trop critiquer la politique de ce pays ni le président car c’est interdit. Bien des ONG ont du quitter le pays et les journalistes internationaux ne sont pas bien vus. Ici, l’état contrôle et les gens ont pas de liberté d’expression. Les ouzbéks ne parlent pas de cette situation politique mais nous ressentons parfois une certaine tension. Il faut s’enregistrer dans les hôtels et collectionner des petits bouts de papiers ridicules que nous devrons peut-être présenter à la douane. Le gouvernement veut savoir où les touristes se promènent, mais laisse aux hoteliers la besogne de les contrôler. Certains hôtels n’ont d’ailleurs même pas le droit d’accueillir des étrangers.

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Boukhara

Peut-être moins connue a l’étranger que Samarcande, la ville de Boukhara n’en est pas moins intéressante. En fait, elle comporte bien plus d’édifices historiques et son centre, presque entièrement réservé aux piétons, est bien plus agréable à visiter. La ville comportait à son apogée, plus de cent medersas, fonctionnant comme écoles ou universités. De plus, le centre ville n’a pas, comme à Samarcande, subi de restauration au bulldozer et il y a même des cafés pour boire un verre au bord du bassin du Liab-y-Hauz…

Liab y Hauz

Liab y Hauz

Rien que pour faire le tour des bâtiments historiques, il faut compter deux bonnes journées. Il serait cependant dommage de ne pas passer un peu plus de temps à Boukhara, pour se balader un peu dans la ville, admirer les monuments au coucher du soleil ou encore pour la traditionnelle journée shopping, la ville étant parsemée de boutiques de tapis, foulards et suzanis traditionnels.

En plus, la ville comporte un Hammam du 16è siècle qu’on s’est fait un plaisir de tester. Une demi-heure de transpiration suivie d’une heure de savonnage + massage intensif, rien de tel pour se remettre de nos aventures, le tout dans un cadre fascinant.

En restant quelques jours on peut aussi suivre (en buvant un thé) le va et vient des cars de touristes, qui effectuent au pas de charge leur séjour ouzbèke. On commence malheureusement déjà à ressentir leur mauvaise influence sur la population locale…

 

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Samarcande

Samarcande: la cité mythique de la Route de la Soie. Rien que de prononcer le nom, ou s’imagine les caravanes de chameaux, les émirs et les princesses. Si la modernité à eu raison de pas mal des stéréotypes véhiculés autour de ce nom, l’Histoire, elle, reste là, devant nous, prête à être découverte moyennant quelques Soums d’entrée… Rien de mieux aussi, pour se mettre dans l’ambiance, que d’y arriver par ses propres moyens, même si nos chameaux sont maintenant mécaniques.

Le Registan

Le Registan

Le Registan, l’ensemble de medersas le plus célèbre et aussi le symbole de la ville, ne déçoit pas. L’harmonie entre les 3 bâtiments, la finesse des décors en majoliques, les coupoles et les minarets génèrent un sentiment assez indescriptible comme en très peu d’endroits… Macchu Picchu au Pérou où le Taj Mahal sont les deux autres sites qui me viennent à l’esprit.

Samarcande est la ville de Tamerlan le conquérant, le maître d’un immense empire entre Méditerrannée et Chine. Heureusement pour nous, il était aussi féru d’architecture monumentale. Outre le Registan, Tamerlan ainsi que sa femme et ses successeurs ont laissé une des plus grande mosquée de l’époque et de nombreux mausolés, dont l’ensemble Chah-i-Zinde qui possède les plus belles faiences du royaume.

La ville a aussi malheureusement un peu souffert de restaurateurs trop motivés: certains se sont même permis d’ajouter des coupoles et quelques rénovations trop zélées nous laissent à peine croire qu’on visite des édifices du XIXème siècle. On arrive cependant à faire la part des choses. Les rénovations en ville sont elles, un peu moins pardonnables: Tout le centre a été remodelé et de nouvelles rues bordées de boutiques de souvenirs ont vu le jour. De plus, des murs ont été édifiés pour cacher les quartiers de la vieille ville situés à proximité des sites historiques. Le résultat est une sorte de disneyland bizarre où la vraie vie ouzbèke a complètement disparu.

Heureusement, il suffit de passer une petite porte dans les murs pour se retrouver, un peu comme Alice, dans un quartier tout à fait normal avec ses habitants et sa vie: Ouf!

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4400km plus tard

Le 1o juillet, nous nous mettions en selle pour le première fois en Asie centrale. L’appréhension était au rendez-vous avec passablement de questions quant à nos capacités à pouvoir traverser ces pays en pédalant. Etions-nous vraiment prêts pour un tel périple? Nous venions d’acheter nos vélos et n’avions pas vraiment eu le temps de les tester. Nous n’avions jamais roulé plus de trois jours d’affilée ou avec un lourd chargement. En ce qui me concerne, je n’avais jamais mis de rustine et pour le reste des choses techniques, nous avons regardé quelques vidéos sur le net.

J’ai  quelques fois remis en question notre choix d’itinéraire car commencer par le Tadjikistan pour un premier périple à vélo franchement c’est un peu gonflé.

Pourtant, 3 mois et quelques jours plus tard, le 15 octobre, nous terminons notre fabuleux périple à vélo très heureux et en pleine forme à Boukhara. Nous aurons quasi fait une boucle puisque à Samarcande, nous nous trouvions à moins de 200km de Douchanbé où nous avions commencé.

Nous aurons pédalé durant 4400km, gravi de nombreux cols, subi de nombreux faux plats, nous amenant à un total de plus de 34′ooom de dénivelé.

Bikers

Bikers

Nous avons rencontrés tous les types de routes en passant du magnifique béton tout neuf au sable. Certaines routes traversent de gros éboulements où cela devient difficile de ne pas poser le pied à terre. La plupart des pistes au Tadjikistan – on ne peut pas vraiment appeler cela une route – sont des tas de gravas qui ne sont pas faciles à gérer surtout en montée ou en descente. Le plus pénible pour tous les cyclistes sont les fameuses routes ondulées, genre tole métallique ou planche à lessiver. Cela n’avance pas et tu es secoué tel un prunier. En ce qui me concerne, j’ai horreur du goudron fondu dans lequel tu colles. D’autres routes sont criblées de nids de poule voire d’autruches à n’en plus finir. Bien souvent, le goudron fondu au soleil prend des formes assez artistiques. Après des kilomètres de routes pénibles, on apprécie  beaucoup une route bien asphaltée.

Pour ce qui est de l’altitude, on nous avait prévenu: le passage d’un col à vélo cela n’est pas la même chose qu’à pied. En effet, pédaler avec 35kg de charge à 4660m est une expérience assez intéressante!

Question météo, nous avons été gâtés par un temps très clément. Un début très très chaud avec des pointes à 46 degrés: Nous nous renversions des gourdes d’eau sur la tête. Nous avons eu un peu de neige, de la grêle et quelques jours de pluie, mais pas de grosses intempéries. Pour un cycliste, c’est plus le vent qui peut tout changer. En effet,  dans le dos, c’est un vrai bonheur. Par contre le vent de face, que nous avons eu a plusieurs reprises, c’est tout de suite moins drôle. Parfois il est tellement fort, que même à la descente il faut pédaler pour arriver péniblement à un 7km/h!

Sur la route nous rencontrions un peu de tout et cela dépend des pays. Au Tadjikistan, il y avait extrèmement peu de circulation. Dans le Pamir en été, il y a autant de cyclistes que de voitures. Chacun est dans un périple plus ou moins long avec diverses buts et motivations. Il y a ce fameux polonais que nous avons croisé plusieurs fois. La dernière fois, au Kirghizstan, nous y étions depuis une semaine et lui avait déjà fait le tour du pays en moins de deux semaines. Il prenait des itinéraires sans vraiment se soucier de savoir si il y avait une route. Il semble éprouver un certain plaisir à pousser son vélo et même parfois porter ses sacoches puis son vélo.

D’autres font un peu la course et cherchent la performance. J’étais un peu inquiète pour certains cyclistes malades qui se soignaient à coup d’anti-malariques pour une fièvre!  Question matériel vélos, nous avons vu diverses options plus ou moins organisé ou non et plus ou moins en bon état. Nous avons entendu que certains hôtels refusent les cyclistes car ils ne sont pas toujours très propres! Lorsque nous étions avec Rahel et Jürg, un tenancier d’auberge nous a présenté son aspirateur pour que nous passions un coup sur nos sacoches avant d’entrer.

C’est vrai que nous accumulions beaucoup de poussière. Parfois, nous passions du temps à retirer toutes la crasse des gaz d’échappement qui se collait sur notre visage aidée, il est vrai par la crème solaire. Cependant, je crois que nous avons toujours réussi à rester présentables et le coup de l’aspirateur nous a bien fait marrer.

Les infrastructures touristiques ont souvent été très basiques. Nous logions souvent chez l’habitant qui nous laissait sa chambre ou son salon. Parfois, nous avons du nous arrêter des endroits assey incroyables et plutôt desertique. Un petit air de  ce bon vieux western semblaient siffler au loin. Il ne manquait que Clint! Questions nourritures, cela fait 4 mois que nous mangeons quasi les mêmes choses. C’est pratique, on se prend jamais la tête pour déchiffrer une carte!

On se débrouille maintenant un tout petit peu (tschut tschut) en russe de toute façon, les questions et remarques sont souvent les mêmes: mmmmh velocipad, oooooh schwizaria….. skolka kilometer, musch jena (marie), malinki (petits voulant dire combien d’enfants) puis quoi pas d’enfants mais quel age? du coup Problem…. Malheureusement les discussions s’arrêtaient souvent là. Parfois quelques verres de vodka aidaient à aller un peu plus loin!

Nous aurons en tout cas beaucoup rit en essayant de se faire comprendre. A un guichet de train, après beaucoup de difficultés, nous avons réussi à acheter un ticket. En présentant notre passeport, l’employée a cherché la page en russe! Cela n’est facile pour personne. Heureusement, les gens sont honnêtes et ainsi même si on ne se comprend cela se passe bien.

Nous sommes aujourd’hui sur le trajet du retour à domicile avec des têtes remplies de merveilleux souvenirs. J’ai encore la larme à l’oeil lorsque je me souviens de tous ces sourires d’enfants qui nous courraient après. Nous ne nous attendions pas à rencontrer autant d’hospitalité dans tous ces pays.

Cette fin de voyage nous donne qu’une envie, celle de repartir…

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Tachkent-Boukhara: dernières étapes

Le but plus ou moins déterminé de notre périple cycliste s’approche maintenant à grands pas, ou plutôt à grands coups de pédale: Boukhara.

Il n’y a plus de frontière a traverser et  le dernier passage a été, comme d’habitude, assez épique: après être passés à deux doigts de dormir dans un hôtel de passes, on a eu droit a un traitement VIP à la douane de Chernaevka et on a évité deux files d’attentes d’une ou deux heures.

L’arrivée a Tachkent et le style de conduite ouzbèke nous ont fait un peu transpirer, mais on s’adapte de plus en plus vite aux conducteurs de la région… Heureusement, pour la suite du trajet, les routes sont de bonne qualité et assez larges, bref pas trop stressantes pour les cyclistes. Le stress en Ouzbékistan vient plus de l’obligation pour les touristes de s’enregistrer fréquemment: pour cela, il est obligatoire de dormir dans un hôtel, ce qui, en vélo, peut poser problème quand la prochaine ville est a 125 kms…

Quelques longues journées en perspective, avec aussi un départ matinal car le soleil se couche maintenant à 18 heures et on essaie vraiment d’éviter de rouler de nuit. Heureusement pour nous, les gens qu’on croise sur le chemin sont toujours extrêmement sympathiques et ont toujours un petit geste pour nous: ils nous donnent de l’eau, des fruits ou vont même jusqu’à nous offrir le repas…

Les hôtels ne sont pas toujours faciles à dénicher, surtout dans les endroits inconnus de

Le Registan

Le Registan

notre cher guide pour gringos. Heureusement, là aussi, les ouzbèkes sont toujours prêts à donner un coup de main, allant jusqu’à nous guider en voiture sur plusieurs kilomètres. En trois jours, on se retrouve donc à Samarcande avec nos vélos devant le Registan, une des plus fantastiques réalisations de l’art islamique: le rêve esquissé en planifiant ce voyage légèrement utopique prend forme devant nous, après 4060 incroyables kilomètres.

Après quelques jours de visites culturelles pour se dégourdir les jambes, on reprend la route direction Boukhara. On a, encore une fois, choisi la route moins directe mais plus intéressante: via Chakhrisabz, la ville natale de Timur (Tamerlan), le constructeur de Samarcande. Cette ville est à 90kms de Samarcande et la route traverse une chaîne montagneuse via un col à 1788m selon la carte. Arrivés au col après un louvoiement parmi de petits villages traditionnels, on doit constater que celle-ci est, une fois de plus, loin du compte: le GPS indique le col à 1660m. Dans ce sens, ça va!

Shakrisabz mérite un jour de visite et le B&B vaut à lui seul le détour. Ici, les sites restent intégrés dans la vie de la ville et font bien moins Disneyland qu’à Samarcande… Après cet interlude, on reprend la route, direction Qarshi et Boukhara, terminus du trip cycliste. Une crevaison, deux hôtels improbables et 200kms de désert plus tard on arrive à Boukhara avec déjà un brin de nostalgie dans les têtes. Heureusement, il nous reste à découvrir les plus beaux endroits du pays.

 

 

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L’Ouzbékistan

Nous arrivons déjà dans notre dernier mois de voyage. Nous visitons ainsi le quatrième pays que nous avions choisi dans cette fabuleuse région d’Asie Centrale. Toute les belles choses ont une fin, mais ce n’est pas grave car elle s’annonce aussi incroyable que le reste du voyage.

Nous arrivons à Tashkent les yeux à nouveau rivé sur notre GPS pour trouver le bed & breakfast. Les avenues sont énormes et la conduite plus qu’aléotoire. Cette fois, c’est encore mieux, les voitures ne s’arrêtent pas toujours aux feux rouges. Nous sommes donc heureux d’arriver entiers (malgré une crevaison dans les trois derniers kms) et de déposer nos vélos dans la cour du B&B. L’auberge est remplie de touristes de tous horizons et de toutes destinations. Durant ces derniers mois, nous avons rencontrés des personnes en route pour de longues distances et parfois pour plusieurs années. De quoi nous laisser songeurs…

Tashkent est une grande ville de 2 millions d’habitants. Nous nous balladons à travers les grandes avenues et profitons du métro qui est très pratique. C’est bien plus simple que les bus car nous ne savons jamais trop où ils vont ni à quel arrêt descendre.

Pour ce qui est de l’argent, on était prévenus mais la surprise est quand même là: la plus grosse coupure est de 1000, comme en Suisse, mais le cours est de 1 pour 3000! Donc pour résumer, 100 francs suisses font 300 billets de 1000 soums. Je vous laisse imaginer les liasses avec lesquels nous nous promenons. Les changeurs dans les bazars portent des sacs en plastique remplis de billets et les ouzbeks ont souvent une liasse qui dépasse des poches. Le taux officiel est beaucoup moins interessant (1 dollars pour 1750 soums). Le mieux est donc de toujours payer en soums. Nous nous imaginons la brouette d’argent que les ouzbeks apportent pour acheter une voiture. Les cartes de crédits n’existent pas non plus et les quelques distributeurs sont soit vides ou en panne! Heureusement, nous étions au courant et nous avons fait nos réserves en dollars avant d’entrer dans le pays.

Les Ouzbéks sont aussi très accueillants et cela est difficile à décrire. Les gens sont toujours prêts à t’inviter ou t’offrir un verre (de vodka ou de thé), des fruits. Ils nous arrivent des choses incroyables comme d’être invites à un repas de mariage. Je regardais curieusement dans la salle de réception quand un homme est venu prendre nos mains pour nous conduire à sa table d’invités. Nous avons été servis comme des rois avec nourriture et boissons, vodka comprise, à volonté. On a dansé devant les mariés qui semblaient très sérieux. Peut-être se demandaient-ils: “C’est les cousins de qui déjà ces deux là?” Nous les avons bien sûr felicité et j’en ai profité pour essayer de leur expliquer d’où je venais et notre voyage. Je ne suis pas certaine que cela les intéressait beaucoup. La mariée a passé la soirée avec un sourire figé et la main posée sur le coeur.

Ici, la plupart des mariages sont arrangés. Cela explique peut-être le manque d’enthousiasme de certains. Pour compenser, les invités faisaient bien vibrer la piste de danse et couler la vodka.

 

 

 

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Le Kazaksthan

Un nouveau pays de notre beau parcours à vélo…

Depuis le début de notre voyage, nous constatons l’influence plus ou moins positive de la colonisation soviétique mais aussi les conséquences de leur retrait.

L’époque soviétique qui, s’est terminée il y a 20 ans,a laissé d’importantes traces – certains diront des cicatrices. Nous sommes souvent frappés par d’énormes bâtiments sans aucun charme. Les immeubles d’habitations quant à eux sont souvent bien délabrés et manquent cruellement d’entretien. Quelques rénovations seraient vraiment plus que nécessaires. Les grandes avenues sont bien difficiles à traverser: le feu vert (quand il y en a un) n’est jamais assez long pour les piétons. Les grands hôtels soviétiques ont souvent une petite ambiance “Shining“. Les dames d’étages sont aussi glaciales que leurs couloirs! Lorsque l’on nous demande “combien de nuits?”, nous sommes bien contents de pouvoir répondre “une seule”. Heureusement, nous avons souvent la possibilité d’éviter ce type d’endroit et de trouver un accueil bien plus qu’agréable et souvent inespéré.

Le Kazaksthan est un gigantesque pays avec des steppes à perte de vue et dont la frontière Sud vient mourir sur les contreforts des Monts Célestes (Tian Shien). Des quatres pays que nous visitons, c’est indéniablement celui qui s’est le plus développé. Les changements sont assez flagrants, surtout dans les grandes villes. Beaucoup de très belles voitures et de routes en réfections. Les prix des hôtels, restaurants… sont bien plus élevés que chez les voisins. Le président du pays (un des hommes les plus riches du monde!) a de grands projets, qui sont souvent décrits sous la bannière Kazaksthan 2030. Le pétrole représentant 55% du budget de l’état, il y a aussi des moyens à disposition pour les réaliser.

Nous ressentons vraiment qu’il s’agit d’un pays en pleine évolution. Nous constatons aussi qu’il y a encore du travail pour amener ceux qui habitent dans les campagnes (pas d’eau courante, pas d’électricité en continu…) au niveau de confort d’Almaty ou d’Astana, la capitale.

Le musée des victimes de la répression que nous avons visité a Chimkent, nous a permis de nous remémorer les facettes plus sombres du régime soviétique. Le Kazakhstan était alors la république comptant le plus de goulags. Il y avait même un camp pour les femmes des dissidents, juste coupables par alliance, qui a compté plus de 20’000 habitantes. La sédentarisation forcée, projet stalinien, de cette nation de nomades a aussi générée une gigantesque famine dans les années trente: plusieurs millions de Kazakhs ont alors péri dans des conditions horribles.

 

Très peu de touristes visitent le Kazaksthan, encore moins à vélo. Les gens sont toujours très intrigués et intéressés. C’est très sympa de recevoir tous ces encouragements à coup de klaxons ou signe de la main. Les ouvriers des chantiers arrêtent leur travail pour nous saluer et faire aller tous les klaxons de leurs machines. Nous avons croisé un convoi militaire de plus de dix véhicules qui ont tous allumés, feux, sirènes et criés on ne sait quoi de leurs micros!

Les conducteurs Kazakhs roulent toujours aussi vite mais font un peu plus attention au pauvre cycliste qui pertube leur trajectoire. Ils font parfois tellement attention à nous qu’ils nous offrent boissons et vivres.  Beaucoup crient par leur fenêtre “ATTTT KOOOUUUDAAAAAA”, qui nous rappelle une vieille pub de voitures:

 

Certains se rapprochent tellement et essayent de nous serrer le main en conduisant. Déjà que j’ai de la peine à taper dans celles que les enfants nous tendent au bord des routes, avec une voiture qui roule, je n’essaie même pas!

Encore un pays très intéressant que nous ne regrettons pas d’avoir visité.

 

 

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A travers le Sud du Kazakhstan

Depuis Almaty, pour rejoindre notre prochaine étape et aussi le dernier pays du trip, on doit longer le versant nord des Monts Célestes et traverser une partie du pays absolument pas touristique sur environ 900km jusqu’à Tashkent, la capitale ouzbèke.

Hors de question de prendre le bus, on repart donc en vélo sur le périf. d’Almaty en zigzaguant entre les bus et les gros 4×4. On connaît un peu le début de la route, vu qu’on l’a fait en taxi dans le sens inverse… La suite, par contre, est un peu plus surprenante: une première route, marquée sur ma carte russe, n’existe simplement pas encore: donc c’est parti pour 30km de détour via la frontière kirghize (qu’on connaît bien aussi). Ensuite, la route qui longe la frontière est fermée, et donc re-50km de détour via Chu sur une route criblée de nids de poule. Bon l’autre route était aussi dans un sale état avant qu’ils ne se décident à la refaire, donc on ne s’émeut pas trop.

Sur tout le trajet les hôtels sont plutôt rares et on utilise plus notre matos de camping: soit en camping sauvage, soit en demandant à un fermier si on peut camper près de chez lui.

Camping

Camping

Les gens qu’on croise sont toujours aussi accueillants et on retrouve un peu l’ambiance et la sympathie des Tadjiks. Si on demande pour s’installer près d’une ferme, on nous invite toujours à manger (et des fois pour une bouteille de vodka), et si on se planque, un berger finit presque toujours par nous débusquer et nous inviter chez lui.

Après quelques jours à une moyenne kilométrique assez élevée, on s’offre deux jours de pause à Taraz. Il n’y a pas grand chose à visiter mais le bazar est un des plus intéressants qu’on ait vu et reflète plus l’ambiance de la Route de la Soie que bien d’autres.

Tronçon d'autoroute privé

Tronçon d’autoroute privé

Après Taraz, deux jours de route vers Chimkent en partie sur une autoroute toute neuve et encore fermée au trafic et on a droit à quelques jours de repos et de visites culturelles avant le départ vers le pays du plov. Comme on a pas croisé un seul touriste depuis une semaine, on n’est pas certains que la frontière soit ouverte – elle aussi était en réparation – et on se prépare à quelques surprises..

 

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